Demander à la Chine de « limiter volontairement » les exportations de voitures ? Réponse de la partie chinoise : opposition ferme, les mesures de l’Union européenne violent gravement les règles de l’OMC.
L'Union européenne envisage récemment de prendre une série de mesures restrictives à l'égard de la Chine dans le domaine du commerce, élargissant la portée des mesures des véhicules 100% électriques aux véhicules hybrides, à l'acier ainsi qu'à ses produits en aval, suscitant des inquiétudes quant aux relations économiques et commerciales sino-européennes ainsi qu'à la coopération au sein des chaînes d'approvisionnement.
Selon Reuters, l'Union européenne a déclaré le 18 qu’elle appliquerait des quotas d'importation et des prix minimums sur l'acier électrique et ses produits en aval, afin de protéger l'UE contre l'afflux de produits importés à bas coût, principalement en provenance d'Asie. Selon le Financial Times du 17, l'UE demande également à la Chine de “restreindre volontairement” les exportations de véhicules hybrides, cherchant à obtenir de la part de la Chine un engagement pour limiter la part de marché des hybrides fabriqués en Chine à environ 15% sur le marché européen, alors qu’actuellement cette part dépasse déjà un tiers.
Face à ces mesures envisagées par l'UE, le porte-parole du ministère du commerce chinois a déclaré le 18 que ces soi-disant restrictions volontaires à l’exportation constituent une violation grave des règles de l’Organisation mondiale du commerce, contraires aux lois de l'économie de marché et aux principes de concurrence équitable. La partie chinoise s’y oppose fermement. Le porte-parole a souligné que toute solution entre la Chine et l'Europe doit garantir un équilibre des intérêts, être conforme aux règles de l’OMC et aux lois nationales respectives, et prendre pleinement en compte les intérêts industriels des deux parties.
Contrairement à l’escalade des restrictions imposées par l’UE, le Royaume-Uni n’a pour l’instant pas imité l’UE en imposant des droits compensateurs supplémentaires sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.
Selon le Daily Telegraph du 17, Jonathan Reynolds, ministre britannique des entreprises et du commerce, a récemment déclaré qu’il n’était pas possible pour le Royaume-Uni de simplement protéger son industrie automobile nationale en imposant des droits de douane sur les véhicules électriques chinois, car une telle mesure risquerait de provoquer des représailles chinoises et de nuire aux exportations britanniques vers la Chine. Reynolds a indiqué que, lorsqu’il s'agira d'envisager de nouvelles barrières commerciales, le Royaume-Uni devra d'abord songer à ses propres intérêts.
Il convient de noter que, alors que l’UE prépare la mise en œuvre de ces mesures, le ministre chinois du commerce Wang Wentao s’est entretenu en visioconférence le 17, à l’invitation de la Commission européenne, avec Maroš Šefčovič, commissaire au commerce et à la sécurité économique, au sujet des questions économiques et commerciales sino-européennes. L’attitude consistant pour l’UE à “discuter tout en imposant des mesures” suscite le doute quant à sa sincérité dans la résolution des divergences commerciales et économiques entre la Chine et l’Europe.
Jian Junbo, directeur du Centre de recherche sur les relations sino-européennes à l’université Fudan, a déclaré au Global Times le 19 que l’industrie européenne fait face à des problèmes structurels tels que le coût élevé de l’énergie, la lenteur de la transformation industrielle et le manque de capacité d’innovation ; le protectionnisme commercial pourrait soulager temporairement la pression sur certains secteurs, mais il ne résoudra pas les problèmes de fond.
La Chine constitue une composante essentielle de nombreuses chaînes industrielles européennes ; si les entreprises européennes ne peuvent plus accéder aux matières premières, produits intermédiaires et composants chinois à des prix compétitifs, elles pourraient être forcées de se tourner vers des alternatives plus onéreuses, ce qui ferait grimper les coûts de production, au détriment du commerce bilatéral, des consommateurs et de la compétitivité des entreprises européennes.
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