L’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran : les haussiers de l’or attendent un nouveau point bas d’humeur
Site financier, le 15 juillet — L’escalade entre les États-Unis et l’Iran dissimule toutefois des ouvertures, le ralentissement du CPI ne dissipe pas les attentes de hausse des taux, sur le marché de l’or on vend sur les bonnes nouvelles et on touche un creux sur les mauvaises.
Mercredi (15 juillet) pendant la session Asie-Europe, l’or au comptant, après une hausse de 2 % hier, est retombé aujourd’hui, le prix de l’or continue de baisser, évoluant autour de 4030 et perdant 0,55 %, effaçant la moitié de la hausse d’hier. Les risques géopolitiques renforcent la persistance de l’inflation ; le ralentissement du CPI à court terme n’a pas éliminé les paris sur une hausse de taux de la Fed en fin d’année.
Dans la nuit de mercredi, l’armée américaine a relancé le blocus maritime sur les ports iraniens, frappant des dizaines de cibles iraniennes en 7 heures ; les États-Unis déploient actuellement plus de 19 navires de guerre en mer d’Arabie, dont deux porte-avions et un navire d’assaut amphibie avec plus de mille Marines, et plusieurs centaines d’avions militaires sont en alerte opérationnelle sur l’ensemble du Moyen-Orient.
Escalade entre États-Unis et Iran, mais de nombreux signes de recherche de dialogue côté américain
Le ministère iranien de la Santé indique que la dernière attaque nocturne a blessé plus de 260 personnes, la violence des bombardements est nettement montée d’un cran.
Pourtant Israël insiste sur le besoin d’une zone tampon sécurisée aux frontières, de fortes divergences persistent sur les arrangements bilatéraux de sécurité Syrie-Liban et le calendrier de retrait impulsé par Washington.
Trump a ensuite brandi des menaces militaires lors d’une interview sur Fox News le 14, déclarant qu’en l’absence de retour à la table des négociations, l’armée américaine ciblerait dès la semaine prochaine les ponts et centrales électriques iraniens, et lancerait de larges frappes aériennes dans les jours suivants, n’excluant pas l’envoi de troupes au sol ;
Des négociateurs américains ont averti l’Iran qu’en cas d’échec d’accord, le pays subirait des frappes dévastatrices ; l’action militaire durerait tant que Trump le jugerait nécessaire pour garder le contrôle de la situation. Il compare l’Iran à un boxeur doté d’une résilience extrême, affaibli mais encore capable d’encaisser et de riposter.
Navigation dans le détroit entravée, circulation énergétique mondiale sous tension
Washington a menacé de recourir à la force pour rouvrir le détroit, mais les experts estiment que le contrôle total nécessiterait une flotte énorme, voire des dizaines de milliers de militaires au sol, rendant l’opération très complexe.
Probabilité de hausse des taux en juillet nettement revue à la baisse, mais le marché parie toujours sur une hausse d’ici la fin d’année
Les données du CPI de juin publiées par le ministère américain du Travail sont largement inférieures aux attentes du marché, ce qui réduit fortement la probabilité d’une hausse des taux en juillet.
Au cours du mois, le CPI a baissé de 0,4 % en glissement mensuel, soit la plus grande chute mensuelle depuis avril 2020 et la première baisse en glissement mensuel depuis six ans ; l’augmentation annuelle est passée de 4,2 % en mai à 3,5 %, le CPI hors alimentation et énergie est stable sur le mois, en hausse de 2,6 % sur un an, la baisse drastique des prix de l’énergie étant la cause principale du recul de l’inflation.
Zach Griffiths, directeur stratégique macro chez CreditSights, estime que le CPI de juin exclut quasiment une hausse en juillet ; même si l’inflation reste élevée et que la situation au Moyen-Orient continue de s’aggraver, la faiblesse des données offre à la Fed une marge suffisante pour attendre.
Aucune baisse des taux réels n’est visible à ce stade.
(Graphique des taux réels, données quotidiennes, source : Fed américaine)
Résumé et analyse technique :
La tendance actuelle du prix de l’or reste principalement influencée par les données et la géopolitique.
D’une part, des données d’inflation en forte baisse réduisent considérablement la probabilité d’une hausse de taux à court terme par la Fed ; les rendements des bons du Trésor et le dollar reculent simultanément, abaissant le coût d’opportunité de détenir de l’or, ce qui soutient fortement les positions longues, et c’est le moteur principal de la reprise rapide de l’or post publication.
D’autre part, l’escalade continue des tensions entre les États-Unis et l’Iran au Moyen-Orient pèse directement sur le prix de l’or ; la pression sur la navigation dans le détroit réduit fortement les revenus des producteurs de pétrole, affaiblit les réserves de dollars des pays importateurs d’énergie, renforçant indirectement le dollar et affaiblissant ainsi l’or.
Analyse technique : l’or au comptant est contraint par la zone formée par le canal descendant et la ligne de tendance baissière, ce schéma a été signalé aux lecteurs il y a déjà un mois ; la configuration est arrivée à son extrémité sans rupture nette, tout en affichant un mouvement de baisse en-dessous de la position 0,618 suivi d’un rebond incapable de dépasser ce niveau, puis une poursuite de la baisse. Il est probable que le prix de l’or continue de chercher un creux par à-coups avant de rebondir.
(Graphique journalier de l’or au comptant, source : Easy Forex)
À 16h04 (UTC+8), l’or au comptant est coté à 4024 dollars l’once.
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