Le FMI avertit que des règles fragmentées sur les stablecoins créent des obstacles à la supervision
Résumé rapide :
- Le FMI met en avant une mosaïque réglementaire entre le GENIUS Act américain, le MiCA européen et d'autres cadres, permettant aux émetteurs de profiter de juridictions faiblement régulées.
- La prolifération des stablecoins sur différentes blockchains soulève des problèmes d'interopérabilité et accroît les risques de remboursement pour les marchés des bons du Trésor.
- Appels à des normes mondiales unifiées sur les réserves, les remboursements et la lutte contre le blanchiment d'argent afin d'appliquer le principe « même activité, même risque » à l'échelle mondiale.
Le Fonds monétaire international a publié un rapport avertissant que l’incohérence des réglementations nationales constitue un obstacle majeur à une supervision efficace du secteur des stablecoins, en pleine expansion.
Ces disparités, allant de la classification des stablecoins comme titres financiers dans certaines régions à leur traitement comme instruments de paiement ou actifs non régulés dans d’autres, permettent aux émetteurs d’opérer depuis des juridictions laxistes tout en desservant des marchés plus stricts, favorisant l’arbitrage et affaiblissant les efforts de lutte contre le blanchiment d’argent.
Avec un marché mondial des stablecoins dépassant les 300 billions de dollars, majoritairement adossés au dollar américain, cette fragmentation menace la stabilité financière en risquant de déclencher des remboursements massifs susceptibles d’impacter le financement à court terme et la transmission de la politique monétaire.
Les stablecoins peuvent élargir l'accès financier et stimuler l'innovation, mais aussi provoquer une substitution monétaire et une volatilité du marché. Une coopération mondiale sur la régulation est essentielle. Le FMI travaille avec @FinStdBoard, @BIS_org et d'autres pour combler les lacunes et améliorer la supervision.… pic.twitter.com/V2A4JXGYym
— IMF (@IMFNews) 4 décembre 2025
La fragmentation alimente les risques techniques et réglementaires
Les défis techniques aggravent le problème, les stablecoins se répandant sur des blockchains et des plateformes d’échange non interopérables, ce qui augmente les coûts de transaction et freine l’efficacité des paiements mondiaux. Le FMI souligne que les interconnexions entre émetteurs de stablecoins, dépositaires, plateformes d’échange crypto et fonds amplifient les risques de contagion des actifs numériques vers la finance traditionnelle.
Aux États-Unis, le GENIUS Act impose des exigences strictes en matière de réserves et interdit les stablecoins générant des rendements, tandis que le MiCA européen impose des obligations de concentration bancaire, créant ainsi des pools de liquidité segmentés et des obstacles au règlement transfrontalier.
Des normes mondiales préconisées pour atténuer les menaces
Pour répondre à ces enjeux, le FMI propose des définitions cohérentes, des réserves d’actifs liquides de haute qualité, telles que des titres publics à court terme, et des garanties de remboursement à 1:1. Il insiste sur la coopération internationale en matière de supervision et d’application, en accord avec les efforts du Financial Stability Board et de la Bank for International Settlements. Alors que la surveillance s’intensifie, notamment avec les préoccupations européennes concernant l’exposition aux bons du Trésor américains et les avertissements de stabilité de la Chine, le rapport souligne le potentiel des stablecoins pour l’innovation dans les paiements si les risques sont traités de manière uniforme.
Notamment, le Fonds monétaire international (FMI) a émis un avertissement important concernant l’expansion rapide des marchés tokenisés, notant que si la technologie promettait une efficacité accrue et un règlement quasi instantané, elle introduisait également de graves risques systémiques. La principale inquiétude était que l’automatisation du clearing et du règlement via les smart contracts pouvait considérablement amplifier la volatilité, entraînant des flash crashes plus fréquents, plus marqués et plus étendus. De plus, la fragmentation du marché sur diverses plateformes menaçait la liquidité globale, poussant le FMI à suggérer que les preuves historiques indiquaient que le secteur ferait inévitablement l’objet d’une supervision gouvernementale accrue et renforcée. Le secteur est ainsi passé d’un sujet de niche à une priorité des politiques publiques.
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