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Les banques centrales accumulent de l'or, Bitcoin gagne en popularité

Les banques centrales accumulent de l'or, Bitcoin gagne en popularité

CointribuneCointribune2025/10/11 11:58
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Par:Cointribune
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Alors que les banques centrales multiplient les achats d’or dans un contexte économique incertain, Deutsche Bank établit un parallèle inédit avec le bitcoin. Dans un rapport publié, la banque allemande met en avant des dynamiques communes entre ces deux actifs traditionnellement opposés. Cette analyse interroge la place que le bitcoin pourrait occuper dans les réserves officielles à moyen terme.

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En bref

  • Les banques centrales augmentent fortement leurs achats d’or, atteignant un niveau inédit depuis les années 1990.
  • Deutsche Bank note que l’or représente désormais 24 % des réserves officielles, contre une moyenne bien inférieure sur la dernière décennie.
  • Cette ruée vers l’or reflète une perte de confiance dans les monnaies fiduciaires et un retour vers les actifs tangibles.
  • Le bitcoin, comme l’or, présente une faible corrélation avec les actifs traditionnels et une volatilité en baisse.

L’or retrouve un rôle central dans les stratégies des banques centrales

Alors que l’or et le bitcoin atteignent des sommets historiques, Deutsche Bank révèle dans son dernier rapport “Gold’s reign, Bitcoin’s rise” que la part du métal précieux dans les réserves officielles des banques centrales a atteint 24 % au deuxième trimestre de cette année, son niveau le plus élevé depuis les années 1990.

Ce niveau reflète un changement stratégique majeur dans la gestion des actifs de réserve. Les analystes de la banque notent que la demande officielle d’or croît désormais à un rythme “deux fois supérieur à la moyenne de la période 2011–2021“.

Bien plus qu’un simple rebond cyclique, cette dynamique est perçue comme un retour de l’or au cœur des logiques de souveraineté financière. Le rapport précise que “la reprise de l’accumulation d’or marque un tournant majeur dans la finance mondiale, rappelant des comportements observés durant une grande partie du XXe siècle“.

Ce regain d’intérêt pour l’or intervient alors que le métal jaune vient de dépasser, en termes réels, ses plus hauts historiques atteints en 1980, selon les ajustements liés à l’inflation.

Deutsche Bank identifie plusieurs facteurs expliquant cette évolution tardive et l’importance du moment actuel :

  • Des décennies de ventes massives par les banques centrales, notamment dans les années 1990 et 2000, qui avaient contribué à maintenir les prix sous pression ;
  • Des obligations de cession institutionnelles, notamment pour certains fonds soumis à des contraintes réglementaires ;
  • L’effet durable du passage à l’ère des monnaies fiduciaires, depuis l’abandon de l’étalon-or à la fin des années 1970 ;
  • La perte du rôle formel de l’or comme actif de référence, consacrée en 1979 lorsque le FMI a interdit aux États membres d’adosser leur monnaie à l’or ;
  • Le retour progressif de la défiance envers les monnaies fiduciaires, amplifié par de multiples crises monétaires et des politiques d’expansion monétaire non conventionnelles.

En somme, l’or semble retrouver une fonction qu’il n’avait plus officiellement occupée depuis plus de quarante ans. Une évolution qui, selon Deutsche Bank, ouvre la voie à de nouvelles interprétations des actifs de réserve, y compris numériques.

Bitcoin : une trajectoire qui attire l’attention des institutions

Dans ce même rapport, Marion Laboure, macro-stratégiste chez Deutsche Bank, établit un parallèle explicite entre les dynamiques de l’or et celles du Bitcoin. Elle note que ces deux actifs partagent des caractéristiques majeures communes : “une faible corrélation avec les actifs traditionnels, une volatilité historiquement élevée, bien qu’en forte baisse pour le Bitcoin, et un rôle de valeur refuge en période d’instabilité“.

Selon elle, ces similitudes pourraient ouvrir la voie à une adoption institutionnelle plus large, voire à une intégration dans les bilans des banques centrales.

Cependant, Laboure ne minimise pas les obstacles qui subsistent. Elle reconnaît que le bitcoin reste un actif “non adossé à un sous-jacent“, ce qui constitue un frein idéologique pour de nombreuses institutions. À cela s’ajoutent des limites techniques et économiques, telles que “l’utilisation limitée, le risque perçu élevé, la nature spéculative, les vulnérabilités en cybersécurité et les contraintes de liquidité“. Malgré ces réserves, Deutsche Bank considère comme plausible que le bitcoin et l’or “puissent tous deux figurer dans les bilans des banques centrales d’ici 2030“.

Si cette hypothèse se matérialise, cela signifierait une légitimation institutionnelle du bitcoin, mais aussi une redéfinition des actifs de réserve dans un monde de plus en plus multipolaire. L’intérêt croissant de certains États pour inclure le BTC dans leurs réserves stratégiques, comme en témoigne la récente réunion au sommet visant à faire avancer le projet aux États-Unis, bien que marginal pour l’instant, pourrait accélérer cette dynamique.

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