Un sénateur propose un budget pour la blockchain : confiance ou transparence ?
- Le sénateur Bam Aquino propose d'utiliser la blockchain pour le budget national afin d'améliorer la transparence et la responsabilité. - Ce système permettrait un suivi en temps réel des dépenses publiques, utilisant le réseau de Polygon et l'infrastructure de BayaniChain. - Bien que ce projet soit encore conceptuel, l'initiative vise à établir un précédent mondial en matière de responsabilité fiscale grâce à des enregistrements immuables.
Le sénateur Bam Aquino des Philippines a proposé une initiative audacieuse visant à placer le budget national sur une plateforme blockchain, une mesure destinée à renforcer la transparence et la responsabilité publique. S'exprimant lors du Manila Tech Summit, Aquino a souligné que la technologie blockchain permettrait aux citoyens de suivre chaque peso de dépense publique en temps réel. « Personne n'est assez fou pour mettre ses transactions sur la blockchain, où chaque étape sera enregistrée et transparente pour chaque citoyen. Mais nous voulons commencer », a-t-il déclaré. Si elle est mise en œuvre, les Philippines deviendraient le premier pays à adopter un tel système, selon Aquino, bien qu'il ait reconnu une incertitude quant au niveau de soutien politique que l'initiative pourrait recevoir [3].
La proposition du sénateur s'appuie sur la plateforme blockchain existante du Department of Budget and Management (DBM), qui a déjà commencé à enregistrer certains documents financiers. Ce système est reconnu comme la première plateforme budgétaire on-chain opérationnelle en Asie. Actuellement, il utilise le réseau Proof-of-Stake de Polygon — une solution compatible avec l'Ethereum Virtual Machine — pour offrir transparence et consensus. La plateforme permet la publication et la vérification de documents budgétaires clés, y compris les Special Allotment Release Orders (SAROs) et les Notices of Cash Allocation (NCAs), garantissant qu'ils sont sécurisés on-chain pour l'accès et l'audit publics [3].
BayaniChain, une entreprise locale d'infrastructure blockchain responsable de la plateforme on-chain du DBM, a exprimé son soutien à la vision d'Aquino mais a précisé qu'elle n'a aucun lien formel avec le sénateur. Paul Soliman, co-fondateur et CEO de BayaniChain, a noté que si la blockchain n'est pas une solution complète à la corruption, elle crée des enregistrements immuables qui peuvent considérablement améliorer la responsabilité. Le rôle de l'entreprise consiste à relier les systèmes internes du DBM à une blockchain publique, permettant des transactions sécurisées et vérifiables. La plateforme Prismo, un élément clé de ce système, gère le chiffrement des données, la validation et l'orchestration, assurant l'intégrité des données financières [3].
L'initiative s'inscrit dans le cadre d'efforts plus larges des responsables philippins pour exploiter la technologie au service de la gouvernance. Parallèlement au suivi budgétaire basé sur la blockchain, d'autres projets incluent le Project Marissa, une plateforme blockchain pour la transparence budgétaire, et le Bagong Pilipinas Transport Chain, qui vise à apporter de la transparence à la gestion des transports publics. Ces efforts sont dirigés par Paul Soliman, qui a déjà collaboré avec Microsoft via Hacktiv Colab pour intégrer des workflows alimentés par l'IA afin d'améliorer la productivité [1].
Malgré le caractère visionnaire de ces propositions, l'initiative de budget national basée sur la blockchain en est encore à la phase conceptuelle. Selon les dernières informations disponibles, aucun projet de loi formel n'a été déposé pour mettre en œuvre un processus budgétaire on-chain à l'échelle du système. Le bureau du sénateur n'a pas encore répondu aux demandes de Decrypt concernant des détails supplémentaires sur la proposition. Cependant, le succès potentiel de l'initiative dépendra du soutien législatif et de l'adoption plus large de la technologie au sein des systèmes gouvernementaux [3].
Si elle est adoptée, le système budgétaire basé sur la blockchain représenterait un changement significatif dans la gestion financière publique, offrant des niveaux de transparence et de supervision publique sans précédent. Bien que la technologie seule ne puisse éliminer la corruption, elle pourrait servir d'outil fondamental pour renforcer la confiance entre les citoyens et le gouvernement. Alors que les Philippines continuent d'explorer l'intégration des technologies émergentes dans la gouvernance, le système blockchain proposé pourrait servir de modèle à d'autres nations cherchant à améliorer la responsabilité fiscale [3].
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